Atlas cartographique

Cartes thématiques

Ensemble des cartes produites pour l'analyse de l'occupation des sols, la dynamique forestière et la spatialisation du stock de carbone dans les forêts classées du département d'Oumé.

Cartes d'occupation du sol

Évolution de l'occupation du sol (1986 – 2023)

Ces trois cartes montrent l'évolution du couvert végétal et de l'utilisation des terres dans les six forêts classées du département d'Oumé sur une période de 37 ans.

Occupation du sol 1986
1986

Occupation du sol — 1986

En 1986, les forêts classées du département d'Oumé présentaient encore un couvert forestier relativement bien conservé. La forêt dense et la forêt claire dominaient largement le paysage, en particulier dans les massifs de Sangoué, Lahouda et Tené.

Les zones de jachère/reboisement jeune étaient déjà visibles, signe d'une pression anthropique naissante. Les cultures de cacao et de café restaient encore marginales à l'intérieur des limites des forêts classées.

Cette carte constitue l'état de référence pour l'analyse diachronique.

Occupation du sol 2003
2003

Occupation du sol — 2003

Entre 1986 et 2003, on observe une dégradation significative du couvert forestier. Les forêts denses ont considérablement reculé, laissant place à des formations dégradées et des zones de cultures.

L'apparition massive de cultures annuelles/herbacées (en violet) et de café témoigne de l'infiltration agricole dans les forêts classées. La forêt de Sangoué montre une fragmentation particulièrement marquée dans sa partie centrale.

Cette période correspond à la crise socio-politique ivoirienne, durant laquelle le contrôle des forêts classées s'est considérablement affaibli.

Occupation du sol 2023
2023

Occupation du sol — 2023

En 2023, le paysage forestier a profondément changé. La forêt dense ne subsiste plus que sous forme d'îlots fragmentés. La forêt dégradée et les jachères dominent désormais l'ensemble des massifs.

La comparaison avec 1986 révèle une perte dramatique du couvert forestier originel. Les forêts de Tené et Doka, à l'est, montrent une prédominance marquée de la forêt dégradée et des jachères, signe d'une exploitation intensive et d'une régénération insuffisante.

Néanmoins, certaines zones de forêt claire persistent, notamment dans les parties centrales de Sangoué et Lahouda, offrant un espoir de restauration ciblée.

Synthèse de l'évolution 1986 → 2023

L'analyse diachronique sur 37 ans révèle une tendance générale à la dégradation des forêts classées du département d'Oumé. Le recul de la forêt dense au profit des formations dégradées, des jachères et des cultures (cacao, café, hévéa) traduit une pression anthropique croissante. La période 1986–2003 a été la plus destructrice, avec une accélération de la déforestation liée à l'instabilité politique. Entre 2003 et 2023, la dynamique est plus nuancée avec des zones de régénération partielle côtoyant des zones toujours en déclin.

Dispositif d'échantillonnage

Carte des placettes d'inventaire

Localisation des placettes de terrain utilisées pour l'estimation de la biomasse et du stock de carbone.

Carte des placettes

Interprétation

Cette carte présente la distribution spatiale des placettes d'inventaire forestier (carrés blancs) au sein des six forêts classées, superposées à l'occupation du sol de 2023. Les placettes ont été positionnées de manière à couvrir l'ensemble des types de couvert végétal présents : forêt dense, forêt claire, forêt dégradée, jachère/reboisement jeune, et zones de cultures.

Le plan d'échantillonnage adopte une répartition systématique couvrant les différentes strates forestières de chaque massif. Cette stratégie permet d'estimer avec précision la biomasse aérienne et souterraine, et par conséquent le stock de carbone de chaque type de couvert.

On observe que les placettes sont distribuées de façon homogène dans les grands massifs (Sangoué, Tené), tandis que les forêts plus petites (Zouéké I) disposent d'un nombre réduit mais proportionnel de points d'échantillonnage.

Spatialisation du carbone

Carte du stock de carbone

Distribution spatiale du stock de carbone (en tCO₂/ha) selon le type de couvert forestier.

Spatialisation du stock carbone

Interprétation

La carte de spatialisation du stock de carbone utilise une échelle colorimétrique allant du jaune (faible stock) au brun foncé (stock élevé). Quatre classes de stock sont distinguées :

1 947
tCO₂/ha · Jachère
2 906
tCO₂/ha · Forêt dégradée
3 187
tCO₂/ha · Forêt dense
3 308
tCO₂/ha · Forêt claire

Les zones les plus riches en carbone (rouge foncé et brun) correspondent aux reliques de forêt claire et forêt dense, principalement concentrées dans les parties centrales de Sangoué et les secteurs préservés de Tené.

À l'inverse, les vastes plages jaunes et orangées, correspondant aux jachères et forêts dégradées, témoignent de la perte considérable de capacité de séquestration du carbone. La forêt de Tené présente un gradient très marqué entre son cœur encore préservé et ses marges fortement dégradées.

Cette carte est un outil essentiel pour cibler les actions de restauration et prioriser les zones où la reforestation aurait le plus grand impact sur la séquestration du CO₂.

Analyse diachronique

Dynamique de l'occupation du sol par forêt

Comparaison triptyque (1986, 2003, 2023) de l'occupation du sol pour chaque forêt classée, mettant en évidence les transformations du couvert végétal.

Dynamique DOKA
DOKA

Dynamique de la forêt classée de Doka

La forêt classée de Doka illustre une dynamique de dégradation progressive. En 1986, le couvert était dominé par la forêt claire et des zones de jachère, avec déjà peu de forêt dense. En 2003, une infiltration massive de cultures (café, cacao, cultures annuelles) a fragmenté le couvert, avec l'apparition visible de taches roses (hévéa) et violettes (cultures annuelles).

En 2023, la tendance s'est inversée partiellement : les cultures annuelles ont reculé au profit d'une mosaïque de forêt dégradée et de forêt claire, suggérant une régénération naturelle dans certaines parcelles abandonnées. Toutefois, la présence d'orange (cacao) reste significative.

Dynamique LAHOUDA
LAHOUDA

Dynamique de la forêt classée de Lahouda

Lahouda montre un schéma classique de dégradation forestière en Côte d'Ivoire. Le triptyque révèle le passage d'un couvert encore relativement forestier en 1986 (dominance de forêt dense et claire) à un paysage très fragmenté en 2003, avec l'intrusion marquée de cultures de café (rouge).

En 2023, la forêt de Lahouda affiche un couvert dominé par la forêt claire et dégradée. Les cultures semblent avoir régressé par rapport à 2003, ce qui pourrait indiquer un début de régénération ou un abandon de certaines parcelles agricoles au sein du massif.

Dynamique SANGOUE
SANGOUÉ

Dynamique de la forêt classée de Sangoué

Sangoué est le plus grand massif forestier étudié. En 1986, il présentait un couvert forestier diversifié avec une bonne proportion de forêt dense, en particulier dans sa partie sud. Les jachères et la forêt dégradée occupaient déjà les marges nord et est.

En 2003, la dégradation s'est intensifiée avec une forte intrusion de cultures (café, cultures annuelles) dans la partie centrale. Le morcellement du couvert dense est très visible. En 2023, le massif est dominé par un mélange de forêt claire et dégradée, avec des reliques de forêt dense principalement au sud. Cette forêt reste cependant le massif le plus riche en biodiversité et en stock de carbone de la zone d'étude.

Dynamique TENE
TENÉ

Dynamique de la forêt classée de Tené

La forêt classée de Tené, située au nord du département, présente une dynamique de dégradation contrastée. En 1986, le nord du massif abritait encore de vastes étendues de forêt dense, tandis que le sud était déjà marqué par la jachère.

En 2003, le couvert dense a reculé massivement. On note l'apparition de zones de sol nu et de cultures. Le recul de la forêt dense est particulièrement sévère dans la partie est. En 2023, la forêt de Tené est un patchwork de forêt dégradée, de jachère et de quelques poches de forêt dense, témoignant d'un écosystème sous forte pression mais où des noyaux de conservation subsistent encore.

Dynamique ZOUEKE 1 et 2
ZOUÉKÉ I & II

Dynamique des forêts classées de Zouéké I et II

Les forêts classées de Zouéké I (allongée, à l'ouest) et Zouéké II (plus compacte, à l'est) montrent des trajectoires distinctes. En 1986, les deux massifs étaient caractérisés par une forêt claire dominante avec des poches de forêt dense et de jachère.

En 2003, Zouéké II a subi une dégradation sévère avec l'apparition de vastes zones de cultures (cacao, café, cultures annuelles), tandis que Zouéké I a mieux résisté. En 2023, les deux forêts présentent un couvert dominé par la jachère et la forêt dégradée, avec très peu de forêt dense résiduelle. La situation de Zouéké II est particulièrement préoccupante avec une forte dominance de jachères.

Portraits de forêts

Évolution individuelle de chaque forêt

Cartes détaillées montrant l'évolution de l'occupation du sol (1986, 2003, 2023) pour chaque forêt classée avec une classification simplifiée.

Forêt de DOKA

Forêt classée de Doka

La transition est nette : en 1986, la forêt dense (vert foncé) couvrait la majorité du massif. En 2003, elle a cédé la place à la forêt claire et dégradée. En 2023, la jachère (jaune clair) et les sols nus (blanc) témoignent d'une pression continue, malgré quelques zones de régénération.

Forêt de LAHOUDA

Forêt classée de Lahouda

Lahouda suit un schéma similaire à Doka mais avec une meilleure conservation relative. La partie sud-ouest conserve des noyaux de forêt dense même en 2023. La transition vers la forêt claire est progressive, ce qui laisse entrevoir un potentiel de restauration si les pressions agricoles sont contenues.

Forêt de SANGOUE

Forêt classée de Sangoué

Sangoué, le plus vaste massif, montre la même dynamique de recul de la forêt dense mais à plus grande échelle. La partie sud conserve les plus grands fragments de forêt dense de toute la zone d'étude. L'enjeu principal est de protéger ce noyau de biodiversité tout en gérant la mosaïque agricole-forestière des marges.

Forêt de TENE

Forêt classée de Tené

Tené a connu l'une des dégradations les plus sévères. Le passage de 1986 à 2023 montre la quasi-disparition de la forêt dense au profit d'un mélange de forêt dégradée et de jachère. La partie est du massif, qui bordait les zones agricoles, a été la plus affectée. Des actions de reboisement urgentes sont nécessaires pour stopper l'érosion du couvert.

Forêt de ZOUEKE

Forêts classées de Zouéké I & II

Les deux massifs de Zouéké confirment la tendance générale observée dans le département. Zouéké I, de forme allongée, a perdu l'essentiel de son couvert dense mais conserve une forêt claire exploitable. Zouéké II, plus compact, est dominé par la jachère en 2023, signe d'une exploitation intensive qui a laissé peu de place à la forêt naturelle.

Explorez les données en détail

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